13/05/2006

admettre...

 

 Je commencerai par écrire ici qu'il me faut admettre que le temps passe.

 J'ai 22 ans, et l'impression d'être aux pieds de la Mort.

 On s'écrie déjà autour de moi que 22 ans, c'est l'âge où tout est encore à portée de main, que la vie est toute entière devant soi, que 22 ans est un âge où l'on à rien vu, rien vécu, rien expérimenté, rien perdu... que le bonheur est encore à venir.

 Ma vision est tout autre.

L'enfance que j'ai vécu ( entre 0 et 15 ans ), très longue pour certains, m'a semblée possiblement comparable à une sorte de paradis. Malgré le fait que de gros soucis de santé vinssent quelque peu "noircir" mon cadre de vie d'enfant, j'ai toujours considéré et considère encore que ce fut une pèriode magique, sensationnelle, idyllique:

 le monde me fascinait et j'en devenait la Reine; j'étais ébahie par tout, surprise agréablement par tout, enthousiasmée par n'importe qui, n'importe quoi.

 Et puis l'enfance, c'est l'innocence, l'insouciance, la confiance, l'espérance, la joie, la paix, la sécurité, la vigueur, la force, la souplesse et la finesse, et le caractère assexué...  

 Ce n'est seulement qu'à 15 ans que j'ai "réalisé" que l'enfance ne demeure pas éternellement. La dure réalité m'est apparue dans la douleur, dans le regret, et surtout dans une peur sans limite.

 On ne vit pas infiniment.

 

Le monde adulte représente tant de négatif à mes yeux...! Tant de vulgarités, de bêtises, de vices, d'hypocrisie, de lâcheté, de salissures, de crasse, d'immondices, d'orgueil... !

 Le monde adulte m'apparaît comme un abîme d'une incommensurable profondeur, vers lequel le temps me traîne, comme un déchet, comme un cadavre...

 Je refuse de grandir, je refuse de devenir adulte...

 J'ai peur...

 

 On me parle d'indépendance, des relations amoureuses, sexuelles, de la maternité... que d'aspects qui ne m'enchantent guère... mieux : tout cela m'écoeure au plus haut point.

 

 Je suis une petite fille pure. Un esprit. Le corps adulte que je traîne, qui me traîne, est si lourd à porter, trop lourd à porter...!

  Il me rappelle à quel point je suis mortelle.

 

 Je suis atteinte de "TCA". On l'aura peut-être compris au fil des mots. Mais tout ne se réduit pas seulement à une question de nourriture, non. La nourriture, c'est si peu de chose, en somme...

 

 Grandir... peut-être qu'un jour je devrai m'y faire, sans peur, sans dégoût... en espérant ce jour, je vais arrêter mon monologue exaspérant pour aujourd'hui...

 

Amicalement,

Luciole. 

21:19 Écrit par Luciole | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

Commentaires

bonjour j'aurais pu écrire ce texte, je ressens tellement la même chose, cette angoisse face à l'avenir, la peur du temps qui pense et de l'enfance qui est si loin. je te souhaite plein de courage. je reviendrai te lire, bisous

Écrit par : spleeny | 13/05/2006

hi merci d'être passée, je m'initie petit à petit ;-)... On tâchera de tous se soutenir entre nous; c'est tellement plus difficile quand on est seul! L'union fait la force! A très bientôt en tout cas! Bises!
Luciole

Écrit par : luciole | 14/05/2006

Je me reconnais. J'ai tres peur de grandir aussi, d'aller vers ce monde d'adulte, de lois, de cruautés, d'hypocrites, de calculateur.

J'aimerais tant retourné en enfance.

J'aime pas mon corps. Mes seins, mes fesses, mes hanches, j'en veux pas, non non non, je veux rester une enfant.
Je veux pas mon corps de femme.

Je me reconnais tellement dans tes mots :(

Écrit par : brin de reve | 14/05/2006

Les commentaires sont fermés.